Les crises de l’angoisse

Tout a été dit ou presque sur la façon de gérer les crises d'angoisse. Le net fourmille de vidéos plus ou moins intéressantes à ce sujet: les sites de santé ne manquent pas de donner des nom de molécules médicamenteuses "relaxantes".  Malgré tout, la plupart du temps ces conseils ne suffisent pas. Les psychologues et les psychiatres sont bien démunis eux aussi, leurs propositions  même si certaines sont utiles, sont très limitées, elles ne suffisent pas voire elles aggravent la situations lorsque des psychotropes sont prescrits.

Pour agir sur les crises d’angoisse, nous allons

  1. adopter ensemble une autre posture et
  2. utiliser des techniques qui marchent avec une autre crise, une crise majeure connue depuis la nuit des temps.

Nous répondrons aussi à ces questions:

  • Pourquoi devriez-vous être rassurés d'éprouver ces crises d'angoisse caractéristiques qui surviennent en cas de trop forte pression psychologique ?
  • Comment adoucir ces crises, quelles sont les techniques qui soulagent un des enchaînement physiologique les plus douloureux qui existent ?
  • Qu'est-ce qui calme les crises sans médicaments ?

Partons d'un constat:

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Les crises sont des éruptions: aussi terribles que bénéfiques

Les crises spécifiques de l’angoisse sont le sommet de l'intolérance au stress

Vous serez d'accord avec moi, la crise d'angoisse est une chose très perturbante: on atteint avec elle des sommets de malaise, de détresse. En effet, le mal monte, monte, monte en intensité mais, paradoxalement, on a, en même temps, l’impression de chuter au fond d’un gouffre sans fond.
Dieu sait que l'on manque d'air lors d'une crise d'angoisse. C’est bien au sommet de la montagne que l’oxygène manque. Alors ? Montée paroxystique ou descente aux enfers ?

Les deux à la fois. De quoi devenir fou ou se sentir en passe de l'être. De quoi comparer cette crise à une autre, majeure dans la vie des femmes: la "crise" de l'accouchement. Nous allons en parler dans ce article. En effet, ce qui soulage l'une peut soulager l'autre.

L’idée : lorsque la crise pointe son nez, la visualisation mentale permet l’anticipation de ces effets. Autrement dit: remplacer un vécu incompréhensible et incontrôlable par un vécu compréhensible et contrôlable est très efficace.

Savoir que la crise est une montée irrépressible vers un sommet d’où l’on finit toujours par redescendre réconforte et permet de garder ses facultés mentales, de préserver son cœur physique et son cœur émotionnel. Pour l'accouchement, on visualisera une courbe qui monte et on se convaincra que c'est lorsque le sommet de la courbe est atteint que la douleur va disparaître presque instantanément.

Plutôt que de maudire ces crises, comprenons leur intérêt

Ce ne sont que des crises et une crise est par essence éphémère même dans ce qu’elle a de plus douloureux.

Vous échapperez donc à toutes, vous leur survivrez.

Vous n'échangeriez pas vos crises momentanées d'angoisse contre une angoisse chronique c'est-à-dire une aliénation permanente à cet état, comme resté à jamais bloqué dans cette crispation aiguë, à court d'air, au bord de la mort... Cette folie-là vous ferait enfermer voire vous tuerait rapidement.

Heureusement, avant cela il y a "les crises". Merveilleusement conçu, le corps réagit fermement pour signaler un grave problème bien avant que les séquelles de celui-ci ne soient irréversibles.

Cela dit, comment les subir au mieux ces crises ? Comment moins souffrir tant qu’on n'a pas encore fait les choses qui s’imposent pour s’en débarrasser ?

Les crises POUR LES CALMER, comparons d'abord deux souffrances

Nous allons comparer les crises de l’angoisse à la « crise » de l’accouchement.

Je vous vois déjà lever les sourcils au ciel pourtant, considérez ceci :

si on peut soulager énormément les symptômes, c'est à dire la douleur et le ressenti psychologique

POUR​SUIVRE LA LECTURE


, d'une femme en train d'accoucher sans anesthésie péridurale, on peut aussi soulager la douleur et le ressenti psychologique et physique des crises d'angoisse sans anesthésie médicamenteuse.

Comment ? en appliquant les techniques qui marchent pour l'une à l'autre.

Vous connaissez l'expression: "qui peut le plus, peut le moins". Cela s'applique parfaitement à cet exemple. En effet, l'accouchement est ce qu'une femme à à vivre de plus douloureux, à côté, les souffrances induites par une crise d'angoisse est bien relative. Même la pire des crises n'atteint pas le niveau de tension du plus soft des accouchements car, en plus de l'intensité de la douleur lors d'une naissance, il y a aussi la durée de celle-ci, sans compter que les enjeux y sont bien plus élevés: il en va de la santé de la mère et du bébé, la vie de deux personnes est en jeu.

  • voir aussi:

comment diminuer les douleurs de l'accouchement

De fait, la délivrance par ce moment douloureux, que la mère va bien devoir traverser, rappelle la grande libération que peut amener au final la survenue dans notre vie des tourments des crises de l'angoisse.
Réfléchissez : quelle femme saine d'esprit accepterait réellement de rester enceinte de 9 mois toute sa vie pour ne pas souffrir ce moment de libération?

Pareillement, quel angoissé sain d'esprit accepterait de rester tout sa vie un angoissé, dans la peur et la tristesse seulement pour éviter les crises ? Les crises sont comme les contractions de Braxton Hicks*. Elles préparent au fait qu'une nouvelle vie va voir le jour...

Il y a donc, je vous le disais, des choses simples et naturelles qui permettent à la femme « en travail » (dont l'utérus contracte) d’avoir moins mal et de raccourcir la durée de l’accouchement. Et détrompez-vous tout de suite, le fait de savoir qu’au bout l’on tiendra un tout petit dans ses bras est utile mais ne suffit pas (ça se saurait 😉 pour soulager la mère durant ce marathon...

Qu'est-ce qui soulage les crises sans médicaments ?

Quelques savoirs ancestraux précieux sur la gestion du stress et de la douleur lui facilite grandement la tâche, la soulage réellement et c’est aujourd'hui scientifiquement prouvé. Nous ne parlons pas de médicaments ou d'anesthésie mais de bonnes conditions physiologiques, psychologiques et environnementales. Quand toutes ces conditions sont réunies voici ce qui se passe de merveilleux pour la mère et l’enfant:

  • - 50 % de césariennes en moins
  • - temps de travail (durée de l’accouchement ou de la "crise") réduit de 25 %
  • - 60 % de péridurales en moins
  • - 30 % de médicaments analgésiques en moins
  • - 40 % de moins de naissances par forceps
  • - 100 % meilleur vécu psychologique de l’événement
  • - bébé en bien meilleure santé (score d’Apgar)
  • - réduction significative du nombre et de la durée des éventuels baby-blues (Prévention de la dépression)

Il y a bien d’autres bienfaits…

La question est :

Comment peut-on avoir autant d’influence positive depuis l’extérieur sur le déroulement de ce qui est un des événements inéluctablement les plus involontaires, autonomes et douloureux qui existent ?

Autrement dit comment arrive-t-on sans médicaments à adoucir très fortement "la crise" de la femme qui accouche ?

L’accouchement physiologique, décrit notamment par le Professeur Michel Odent, sommité en la matière, nous apprend quelles conditions doivent être réunies lors d'une crise angoissante (avec douleurs, oppression, perte de contrôle etc.) afin de permettre au corps de diminuer la douleur et le stress et la durée de la crise.

De fait, pour que la femme qui accouche ait moins mal et que l'accouchement soit plus rapide et se passe au mieux, il lui faut :

  • être préparée
  • de l’intimité
  • la présence d’une personne de confiance discrète (doula ou amie ou sœur...)
  • de la pénombre
  • du silence
  • assez de chaleur
  • un guide qui garantit que c’est bientôt fini, que le plus dur est fait et qui sait précisément ce qui se passe ( sage-femme )
  • avoir confiance : le corps sait ce qu’il fait. La crise est douloureuse mais c’est un signal que des choses capitales vont changer.

Résumé concis, pour soulager les crises, il vous faut :

  • vous cacher (c’est à dire ne pas vous sentir observé, jugée)
  • tenir la main d’une personne choisie et bienveillante et être réconforté
  • laisser votre cortex cérébral se reposer, se mettre en veille grâce à une moindre luminosité
  • du silence ou une musique adéquate choisie
  • être accompagné d’une personne qui « débriefera » cette crise, la considérera dans toute son importance et vous accompagnera jusqu’à ce que vous n’en ayez plus
  • ne pas agresser encore plus votre corps avec de substances fortes telles l'alcool, le tabac, les drogues (y compris les médicaments)
  • être préparée
  • être patiente

Sur ces 8 conditions à réunir, 6 sont plutôt faciles à mettre en œuvre. S'il vous manque la présence bienveillante, le guide fidèle dites-le moi, dites-le en commentaire par exemple, des ex-angoissés pourront être à vos côtés en attendant que vous les rejoigniez de l'autre côté de la barrière...

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Contraction_de_Braxton_Hicks

*Source http://doulas.info/une-doula-cest-quoi/

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  • Noëlle dit :

    Entièrement d’accord, mais pas toujours faciles pour ceux qui nous entourent. J’ai la chance d’avoir une soeur très compréhensive qui m’a beaucoup aidé lors de ces crises.

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