Enfants, adolescents : une belle anxiété lourde, orageuse

anxiete du jeune enfant https://no-angoisse.com/

Anxiété de l'enfant : savoir y répondre

Anxiété définition:
"Inquiétude pénible ; tension nerveuse causée par l'incertitude, l'attente ; angoisse.
Exemple : Son regard trahissait son anxiété."
Source Larousse

Au cour de l'enfance et durant le développement du jeune adulte, l'anxiété a un rôle bien particulier.
Quel est donc ce rôle ? À quoi sert l'anxiété dans la maturation du cerveau ?

Le regard souvent se teinte d'une anxiété dissimulée.

Qui n’a pas vu, au moins une fois, cette lueur bien particulière dans le regard d'un enfant ? Quelle impuissance, souvent, éprouvons-nous alors ?

Son anxiété n'est pas comme la nôtre. Le cœur moelleux de l'enfant en est bien plus creusé.

Mais la nature est bien faite. Et si des "explications hormonales" aident à comprendre certains comportements, le corps n'est pas seul responsable de la crispation spéciale qui s'exerce à ce moment-là, menant l'enfant au retrait, au repli, au recul.

Lui qui jusque-là bravait la vie, ses parents et l’apesanteur, se trouve soudain "calmé" par des

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pensées nouvelles encore relativement incompréhensibles pour lui. Voilà que, pour retrouver de la légèreté, il va falloir qu'il réfléchisse à des choses qui jusque-là ne le touchaient guère. Nous le retrouvons ainsi sourcils froncés, absorbé et presque paralysé par ces réflexions troublantes.

Cette obligation cérébrale à comprendre pour accepter ce qui est, va bousculer son petit cœur, depuis si longtemps bien calé dans des certitudes sécurisantes. De quoi provoquer chez lui une anxiété nouvelle, plus régulière, plus forte. Cette anxiété sera tout de même, lorsque tout se passe bien, heureusement contenue et compensée par la confiance et la sagesse dont les adultes feront preuve.

>> Les "agressions", les changements, l'imprévu participent à l'élaboration d'une réponse adéquate, à la mise en place de ce que l'on nomme la faculté d'adaptation. Ainsi, l'anxiété de l'enfant et de l'adolescent, si souvent à l'origine de sa mauvaise humeur, de petites crises de panique ou de sa colère, est un entraînement pour son système nerveux, encore bien loin d'être opérationnel d'une façon autonome sans le rééquilibrage apporté par l'adulte.

Comment réagir à l'anxiété de son enfant ?

Bien que je ne parle pas ici d'une angoisse de l'enfant face à une situation immédiatement dangereuse, ouvrez s'il vous plaît votre manuel des premiers secours d'urgence.
Quelle est donc la première obligation du secouriste ? Ne rien faire. Voilà qui choque tous les nouveaux participants aux cours de la Croix-Rouge. "Ne rien faire ?" Oui, le secouriste prend note qu'une situation exceptionnelle affecte une personne proche de lui. Mais sa priorité de secouriste averti, bien avant de s'élancer vers cette personne pour la "sauver", va être d'évaluer la situation avec discernement. Un petit accident peut se transformer en catastrophe avec au moment du bilan deux personnes blessées au lieu d'une.

Il en va de même dans la bienveillance parentale.

>> L'enfant n'a pas besoin de parents réactionnels, il a besoin de savoir qu'il peut avoir peur, être angoissé parfois, sans que l'adulte n'en soit trop perturbé sur le coup. C'est ce qui se joue, par exemple, la nuit au moment des fameux pleurs nocturnes chez les tout petits. L'équilibre est de mise : les paroles, les gestes, les regards vont alors, soit permettre au petit de dédramatiser la situation, la subir avec de moins en moins d'anxiété, soit ancrer cette angoisse en lui bien plus profondément qu'elle ne l'était au départ.

Restez calme et comprenez que cette angoisse-là est normale, voire bénéfique.
Les premiers mots qui viennent sont souvent : "Mais non, n'aie pas peur". Cette phrase un peu maladroite a le mérite de signifier à l'enfant que l'on a remarqué sa peur, son inquiétude. Vous êtes alors celui sur lequel il va s'appuyer pour se rassurer. Mais si ces quelques mots suffisaient, cela se saurait.

>>Il va donc falloir se mettre à la place de l'enfant sans surjouer afin d'évaluer ce qu'il est capable de supporter ou pas et pendant combien de temps. Veillez toujours à tenir compte de l'âge de l'enfant.

Le petit enfant vit dans l'instant, dans un ressenti très puissant et il est, vous le savez, unique. Sa personnalité, sa témérité dans d'autres situations vont vous indiquer s'il a dépassé le seuil appelant une intervention ou pas. Si l'angoisse est vraiment trop forte, il va très vite manifester des symptômes très clairs : énervements, refus de quitter bras ou jupe, pleurs sans fin, repli sur lui-même, fuite ou grosse colère.

1/ Ne cherchez pas à "le sauver" de toutes inquiétudes.
Depuis qu'il est tout petit, même dans le ventre maternel, vous seriez étonné de savoir tout ce qu'il a pu surmonter sans votre aide. Ces mécanismes sont encore faibles mais ils sont bien là. Laissez-lui sa chance. Soyez patient, attentif, en retrait tout d'abord.

2/
 S'il cherche votre regard, indiquez-lui clairement que vous êtes là si besoin, tout en restant à distance émotionnellement.

3/ Si vraiment l'enfant manifeste de la peur, approchez-vous, prenez-le dans vos bras s'il les réclame, et avec peu de mots bien choisis rassurez-le. Un "Tout va bien, je suis près de toi. Tu as eu peur, je comprends" vaut mieux qu'un grand discours bien souvent inintelligible pour lui sur le pourquoi il n'a pas à avoir peur de telle ou telle chose. Ensuite, profitez du moment où il se sent de nouveau en sécurité pour revenir sur la source d'anxiété en question et proposez-lui une approche tranquille du sujet ou de l'objet qui a éveillé sa peur.

  • peu de mots, mais des mots justes, précis, respectueux, personnalisés, efficients
  • peu de réactions mais des réactions justes, précises, respectueuses, personnalisées, efficientes.

Anxiété : une compagne naturelle bien embarrassante du jeune adulte

Si vous avez un jeune homme ou un jeune fille angoissé, il va falloir doublement l'écouter. Mais, "maman" ou "papa" ne sont pas toujours les plus sollicités par l'adolescent pour parler de ses peurs et de ses angoisses. Il vous tient probablement d'ailleurs, au moins en partie, responsable de son état, ce qui ne facilite pas la communication.

L'anxiété d'un jeune n'est pas à prendre à la légère. Même si, comme pour l'enfant plus jeune, celle-ci traduit une nouvelle capacité d'anticiper les événements ou les réactions d'autrui, le risque est plus élevé car les moyens qu'il se donne pour les éviter sont plus ou moins sages...
Ces angoisses-là laissent les parents encore plus démunis car les risques sont bien réels. Néanmoins, il faut savoir raison garder. Notre monde est, il faut bien le reconnaître, loin d'offrir un environnement sécurisant pour tous ceux, jeunes hommes et jeunes filles, qui doivent y être abandonnés demain. Nous en sommes bien conscients et, en tant qu'adultes responsables, nous en avons d’ailleurs un peu honte.

Le sentiment de sécurité, antidote principal de l'angoisse, est un sentiment très difficile à implanter complètement de l’extérieur. Néanmoins, comme un tuteur solidement fixé redresse un jeune arbre sans le blesser, un accompagnement adéquat et affectivement neutre permet de guider une croissance émotionnelle sinueuse.

Vouloir surmonter toutes les peurs et angoisses est un leurre. Nombre d'adultes ont encore leurs petites phobies, un degré d'anxiété qui va et vient en fonction des défis de l’existence.
Mais, il n'est jamais trop tard pour aider ces jeunes. Ils sont infiniment intéressants et leur anxiété, permanente ou non, qu'elle soit grande ou petite, en dit long sur leur intelligence.
Ne laissons pas des angoisses inadéquates devenir chroniques. Elles finiraient par être de plus en plus difficiles à rééquilibrer et perdraient leurs raisons d'être : que l'enfant devienne nerveusement assez mûr pour affronter victorieusement les événements déconcertants et anxiogènes qui se présenteront à lui.

Pour en savoir plus vous pouvez me constater ici: 

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  • Philippe dit :

    Je comprends mieux certaines réactions de mon fils après la lecture de votre article. Je ne m’en inquiéterai plus, je sais maintenant ce qu’il faut faire.

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