Ma chère maman fut assistante familiale toute sa vie.
Je suis donc une ancienne "enfant du partage" c'est à dire l'enfant "biologique" d'une assistante familiale.
Nous étions 5 enfants "originels", j'étais l'avant-dernière.

Notre mission : Famille d’accueil pour le Conseil général

De cette enfance si particulière, j'ai tout gardé. L'accueil c'est encore pour moi, comme si c'était hier.
A l'approche de la quarantaine, ce "mini monde à part" que fut ma famille pendant tant d'années reste gravé dans ma mémoire. Un monde d'une rare richesse émotionnelle. Un sanctuaire d'une générosité perpétuelle. Mais un mini-monde qui fut parfois violent, troublant, déséquilibré, fragilisé. Voilà pourquoi ce site d'aide s'adresse aussi aux enfants accueillants et à leurs proches. Ils trouvent auprès de moi, une "oreille jumelle" mûre, compréhensive et sage. Une personne de confiance, à qui ils confient ce qu'ils ne peuvent confier à personne d'autre. "Elle, elle peut comprendre, elle était à MA place."

Souvent, je constate que ce n'est qu’une fois exprimée librement qu'une vérité radicale négative perd son sens. Vient alors, le temps d'une vérité nuancée : celle qui permet de continuer à supporter, de retrouver une direction vers plus de paix. Et quoi qu'on en dise, dans cette société "excitée", l'enfant a besoin de paix pour grandir et s'épanouir.

On n'en a jamais fini de se rapprocher de ses propres enfants, ils changent tellement vite. C'est un "travail" qui réclame du temps et ce temps manque souvent quand on est assistante familiale. Les 3 miens me le rappellent chaque jours : l'équilibre du temps accordé à chacun est difficile. Cet équilibre vous devez pourtant absolument l'avoir  .

J'aurais tant aimé toute jeune avoir quelqu'un avec qui partager mes sentiments, tour à tour très noirs ou très blancs voire gris par rapport à l’accueil. Les gris ce sont les pires.
Ma mère était pourtant également une amie. Douce, généreuse et infiniment pleine d'amour. Elle était attentive bien sûr au bien-être de ses propres enfants mais l'amour et l'amitié qu'un enfant éprouve pour sa mère ou son père l'oblige parfois au silence. Qu'il fut lourd ce silence ! Qu'ils se sont accumulés certains cris ! Aujourd'hui parfois encore ils raisonnent.
Il est bon de vérifier souvent que les cœurs de vos propres enfants se sentent suffisamment sereins. Il en va du bien-être des enfants accueillis, vous le savez.

D'abord famille puis ensemble famille d’accueil

Ainsi, je crois pouvoir dire au nom de toute la communauté des "enfants du partage" d'hier et d'aujourd'hui : "Parents, accordez-nous, à nous aussi, un lieu de parole ! Une personne fiable pour NOUS écouter. Quelqu'un qui connaît parfaitement l’accueil familial, ses trésors et ses abîmes. Reconnaissez nos difficultés sans vous sentir en danger ou jugés. Nous ne sommes pas vos employeurs ni ces "enfants très fragilisés demandeurs". Nous sommes VOS enfants. Nous avons absolument besoin d'évacuer les colères, de partager notre vérité sur vous et sur ces enfants. Nous ne sommes pas contre l’accueil, nous sommes contre le déni ou la négligence de l'impact qu'il a sur nous. Aidez-nous à mieux vous aider, à mieux accueillir, à mieux grandir."

Comprenez-vous maintenant l'enjeu de ce que je vous propose ? L'enfance de vos enfants passe comme un éclair. N'attendez pas.

Si vous savez qu'un de vos enfants ou adolescents est en difficulté et se sent mal à cause de l’accueil ou à cause d'une chose qui vous échappe, transmettez-moi nom ou pseudo et email sur ce petit formulaire.

Dès que cela est fait, vous recevrez un mail de confirmation puis des informations complémentaires sur une éventuelle correspondance. C'est gratuit et vous n'êtes engagé à rien.
Faites-le maintenant. Non par incitation, mais par respect pour vous même et votre famille.
Vous méritez tous un peu d'aide à chaque fois que vous en avez besoin.
Sans sortir de chez vous, profitez de mon écoute et de mes conseils. Par téléphone, Skype, Messenger ou mails.

Encore une fois, juste pour le plaisir, comme une clameur de justice : "Je rends hommage ici, à toutes ces générations "d'enfants du partage" qui sont pour beaucoup des héros oubliés, voir méprisés, ayant pourtant parfois sacrifié leur propre enfance pour servir la société, la communauté universelle des enfants du monde, par fierté, loyauté et amour envers leurs parents et ce métier hors du commun qui réunit sous le même toit pendant des années ceux qui ne sont pas unis par les liens du sang."

Je terminerai en osant cette phrase que je sais parfaitement exagérée et provocatrice :

Arrêtons de bousiller des enfants qui vont bien afin de sauver des enfants qui vont mal. Occupons nous des uns comme des autres, permettant alors enfin une parole libre à tous les acteurs de l’accueil familial. Parents, nul autre que vous n'a le devoir de prouver à vos propres enfants qu'ils sont votre priorité. C'est aussi rendre service aux enfants accueillis parfois victimes de cette négligence parentale qui peut être lourde de conséquence. Ils vont devoir trouver leur juste place dans votre foyer. Aidez vos propres enfants à garder la leur c'est aider les enfants accueillis à la trouver aussi.

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