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Le regard sur soi, source essentielle de l’angoisse; comment s’en libérer

Le regard sur soi, source essentielle de l’angoisse; comment s’en libérer ? Faut-il se regarder ou ne faut-il pas ? Quelle est la mesure ?

Cela nous rapproche de ceci: on disait jadis que l’oisiveté est mère de tous les vices. Etait-ce un dicton ringard ou une formule juste ?

Oui, il faut une part d’introspection: le soir, avant de se coucher, il est bon de regarder sa journée. Le matin, il est bon de se donner des missions, au moins une.

C’est une chose. Mais une autre consiste à être sans cesse à s’interroger sur soi-même: « Est-ce que je plais, est-ce que je suis regardable, est-ce qu’untel m’aime, est-ce que j’ai raison de faire ce que je fais, comment suis-je, qui suis-je, où vais-je…? »

Le regard sur soi comme danger fondamental

Ce genre d’habitude finit par détruire d’abord des facultés intellectuelles. On voit ainsi beaucoup de jeunes femmes intelligentes s’enfermer dans des logiques très personnelles. Le cerveau finit pas devenir ce que nous en faisons. Et il sera difficile de désapprendre.

  • Voir aussi Désapprendre est plus dur qu’apprendre (article en cours de rédaction)

Mais cela amène aussi une fragilisation. L’auto-surveillance amène à l’excès de sensibilité.

Sans compter que cela amène à la solitude: parler conduit au clivage, aux disputes, dès lors que c’est vain, improductif.

Et la solitude renforce l’auto-contemplation morbide.

Cela amène aussi un fatalisme: ce qui nous arrive étant surveillé à la loupe, on en vient aisément à la superstition: « Cela devait m’arriver, je le sentais » (il y a des prémonitions justes, mais il y a aussi beaucoup d’excès de sentiments personnels). Sans même être superstitieux, on guette les problèmes comme on surveille le lait sur le feu: ça doit arriver, ça va arriver. Et naturellement, comme on s’y attend, ça arrive.

Jalousie et aigreur

Ou alors, on jalouse. Le fait de ne pas faire les choses ne peut que nous aigrir vis-à-vis de ceux dont on pense qu’ils réussissent ou acquièrent ce qu’on n’a pas.

On bavarde, c’est la seule consolation. On juge, on critique, on explique ses malheurs ou ses déboires, ou ses déceptions, ou les accrocs de la société. Perte de temps. Les Français sont champions du monde du constat, ils sont aussi champions de l’inactivité et des anti-dépresseurs, alors que leurs ancêtres étaient presque tous aux champs, et parfaitement sains d’esprit.

On a le culte du commentaire plutôt que le go$ut de l’utile. Remarquez combien les gens parlent de ce qui ne va pas sans proposer de plans concrets.

On s’attarde trop à expliquer les choses psychologiquement, ou par des voies détournées, techniques, par la sociologie par exemple (on est dans la société du sondage, le truc absolument inutile et même le plus souvent néfaste). Ou sentimentales.

On explique, on analyse, on commente. Tout cela appartient à une civilisation inversée du regard auto-contemplatif, vain et dangereux. Il s’agirait de nettoyer les écuries d’Augias en renvoyant tout ce monde au boulot, aux responsabilités assumées. Celui qui agit est toujours commenté et critiqué: mais ceux qui commentent seraient bien en peine de faire la moitié. Ce n’est pas nouveau.

Soyons moins dans le regard sur nous-mêmes qui nous conduit au regard malsain sur les autres, et davantage dans l’agir.

L’âge joue son rôle

Le regard sur nous-même n’est possible qu’en justice et en paix. C’est-à-dire quand on a atteint un certain seuil de félicité durable. Et quand on sait comment remplir ses journées, qu’on n’est pas oisif et vain.

En général, cela vient avec l’âge et l’acceptation des choses, vers l’âge canonique, soit 40-45 ans. On sait que la mort se présentera tôt ou tard et on n’écarte plus cet événement négligemment. On est capable de se dire les choses, de ne plus se mentir. Certains jeunes gens ont aussi cette capacité à affronter la mort en face, ainsi que les grandes vérités, quoique leur posture soit souvent assez radicale. C’est l’expérience qui enseigne le mieux cette faculté.

On a alors un terreau propice à plus de sagesse. On s’interroge sur soi, mais avec plus d’honnêteté, on n’arrive plus à éviter les questions cruciales.

L’action est préférable à l’inaction

L’action est préférable à l’inaction, du moins quand on n’a pas atteint la félicité. Toute instabilité doit impérativement trouver un équilibrage dans l’agir, dans une mission. On sait parfaitement qu’un deuil par exemple est bien mieux vécu chez les gens qui ont à faire. Il ne faut pas non plus que l’agir masque l’introspection et alimente le déni. Nous en reparlerons.

Le danger de l’inaction

Les peuples les plus malades sont les peuples sans travail. Sans activité, sans projet, sans affaires en cours, sans destin commun. Il y a dépérissement sitôt qu’il n’y a plus de perspective vers le futur. On se suicide beaucoup par manque d’action.

Il y a déjà ce fait que bouger est bon pour notre santé, et donc pour notre cerveau, et donc pour notre moral. Certains malheureux se suicident à cause du travail mais dans la quasi-totalité des cas, il s’agit de travail de bureau. Il faut une énorme pression pour conduire quelqu’un qui travaille au-dehors, au suicide (il y a des policiers dans ce triste cas, c’est exceptionnel et donc très inquiétant pour une société).

Il ne s’agit pas de s’agiter

Bien sûr, il ne s’agit pas de vanter le travail pour le travail: il faut savoir s’arrêter et ne rien faire. Mais l’inaction n’est pas tenable à terme. On sait que la prison est une souffrance pour deux raisons: privation de liberté et privation d’action. Si vous aviez toute l’action que vous vouliez en prison, vous vous y plairiez !

Le cerveau humain a besoin d’action. Et de réussite. C’est l’un des deux champs du bonheur. Pour rappel, revoyons :

L’inaction générale de la société occidentale

La société occidentale est une société inactive. Elle a mis des métiers immatériels sur le haut de l’estrade: on honore des gens de lettres, des journalistes, des politiciens, des universitaires, qui captent ensemble pratiquement 100% du pouvoir et de la loi. C’est dramatique car moins on en fait, moins on sait.

C’est de l’inaction dans l’agitation. Le tombeau des Danaïdes, le puits sans fond de la bêtise et du gaspillage, ainsi que toutes dérives que vous constatez: cela vient de cette idée à la base que les métiers abstraits sont supérieurs !

De là, le développement du freudisme et de toutes ces modes autocentrées, auto-contemplatives, qui sont le mal du siècle.

Redoutons cette auto-contemplation comme le pire des poisons. Freud disait, voyant la foule qui l’acclamait à sa descente du bateau qui le débarquait à New-York : « S’ils savaient ce que je viens leur apporter, ils me lyncheraient. » Rappelons-le nous avant de prendre un rendez-vous chez le psy.

Nous devons impérativement occuper notre existence.

Oui, mais avec quoi ?

Certainement pas avec de l’agitation justement, car cela ne fait qu’aggraver l’angoisse en repoussant la question cruciale: que suis-je en train de faire en ce moment dans ma vie ?

Il s’agit de trouver de quoi réussir et connaître du bonheur, en remplissant de belles missions.

Cela renvoie à la question suivante: quelle est votre vocation ?

Par ailleurs, il vous faut aussi des activités de loisir, des moments pétillants.

Quelles autres choses faudrait-il dire ? A vous la parole !

Femme au miroir. Dans cette image, voyez-vous la femme ? Dangers du miroir

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