Mot-clé: symptomes angoisses

Matahachi est un personnage légendaire ; un Samouraï destiné à la grandeur et à la paix.

L'angoisse pourtant le mit à terre, littéralement.

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Diane va vous faire la lecture de ce fabuleux passage décrivant si justement les symptômes angoisses

" les sentiments de Matahachi sont un exemple parfait de ce que vivent de nombreux angoissés. Merci pour cette belle lecture. "

En effet, les symptômes angoisse de ce samouraï en péril, sont très certainement les mêmes que les vôtres : colère, pétrification, pleurs, anxiété, détresse extrême, obsessions, tensions, doutes, incohérence, blocages physiques et sentimentaux etc.

(vous trouverez sur cette page: angoisse symptome, l'incroyable liste, la liste complète des manifestations de l'angoisse).

Symptômes angoisse : Pourquoi et Comment, un Samouraï peut-il se retrouver dans cet état ?

Que s'est-il donc passé pour que ce guerrier s'enfonce dans les bas-fonds de la tristesse, du stress, dans l'angle mort qui est celui de l'angoisse conditionnelle aiguë.

Voici donc, pour vous, la fabuleuse histoire de Mathachi d'après le roman d' Eiji Yoshikawa : La Pierre et le Sabre.

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  • Après avoir lu le contexte du récit, cliquez sur la vidéo ci-dessous pour écouter Diane vous lire l'extrait de ce livre poignant.
  • Diane décortique ensuite ce que ressentent les personnages pour vous faire avancer sur le chemin qui vai​nc les "symptômes angoisse".
  • Pendant qu'elle lit, vous pouvez suivre la lecture du texte grâce à sa retranscription ci-dessous.

Mettons nous dans l'ambiance, Voyons d'abord, le contexte du récit :

***

"Dans le Japon du XVIIème siècle, la conscience du caractère éphémère de la vie était aussi répandue parmi les masses que parmi l'élite. Les vaines spéculations sur l'avenir politique du pays formaient à Kyoto l'essentiel des bavardages.

_ Tôt ou tard, la guerre ne peut manquer d'éclater, disaient les uns.

 

_ Ce n'est qu'une question de temps.

_ A quoi bon s'en inquiéter ? Advienne que pourra, disaient les autres.

_ Amusons-nous pendant qu'il est encore temps !

L'intensité de la vie nocturne et la vogue des quartiers de plaisir prouvaient bien que le peuple ne faisait pas autre chose. Un groupe de Samouraï portés vers ses amusements débouchaient dans l'avenue Shijô." L'un des membres de cette troupe de manieurs de sabres, s'appelle TôjiDevant une maison, une femme, debout sur la pointe des pieds, tâchait d'accrocher une lanterne à son clou. 

Cette femme s'appelle OKô. Elle tient une maison de thé (disons poliment, une maison où les hommes passent du bon temps, voire peuvent commander les charmes d'une femme si tant est que celle-ci soit d'accord).

Tôji connait très bien Okô, si bien que, lorsque celle-ci disparaît dans la maison avec sa fille, il se met à la chercher partout... Il ne tarde pas à faire une rencontre pour le moins désagréable: Matahachi notre samouraï angoissé, dont vous allez découvrir  le fond du Cœur...

Eiji Yoshikawa, Edition Balland, La pierre et le sabre, p171

             

                 Dans le couloir, Tôji jeta un coup d’œil à l’intérieur d'une chambre où les vêtements des femmes gisaient en désordre. Au delà, se trouvait une autre pièce sinistre, sans soleil et sentant la literie mal tenue. Ayant ouvert la porte, Tôji fut accueilli par un rugissement de colère :

_ Qui est là ?

Tôji sauta en arrière et jeta un regard dans le sombre réduit, le sol recouvert de vieilles nattes en lambeaux, il était aussi différent des agréables pièces du devant que la nuit l'est au jour.

Vautré par terre, une poignée de sabre gisant à la diable en travers du ventre, il y avait là un samouraï mal tenu dont les vêtements et l'aspect d'ensemble ne laissaient aucun doute : c'était l'un des Rônins que l'on voyait souvent rôder, oisifs, dans les rues et les ruelles. La plante des pieds sales fascinait. Sans faire aucun effort pour se lever; il restait couché là hébété.

_ Oh ! Excusez-moi, je ne savais pas qu'il y avait un client là-dedans.

_ Je ne suis pas un client ! Vociféra l'homme en direction du plafond.

Il puait le saké ; Toji avait beau ignorer complètement qui cela pouvait bien être, il était sûr que l'homme souhaitait le voir au diable.

Presque aussitôt, il fut remplacé par Okô. Sur son trente et un, il sautait aux yeux qu'elle voulait faire la grande dame.

Comme si elle grondait un enfant, elle dit à Matahachi :

_ Allons après qui en as-tu encore ?

Akemi, sur les talons de sa mère, demanda:

_ Pourquoi ne viens-tu pas avec nous ?

_ Où ça ?

_ Voir l'Okuni Kabuki

La bouche de Matahachi grimaça de répugnance.

_ Quel mari voudrait se faire voir en compagnie d'un homme qui court après sa femme ? demanda-t-il avec amertume.

Okô eut l'impression de recevoir une gifle. Les yeux étincelant de colère, elle dit :

_ Qu'est-ce que tu racontes ? Insinuerais-tu qu'il y a quelque chose entre Toji et moi ?

_ Qui a dit une chose pareille ?

_ Toi, à peu près à l'instant.

Matahachi ne répondit rien.

_ Et ça se dit un homme !

Elle avait beau lui lancer ces mots avec mépris, Matahachi se referma dans son maussade silence.

_ ... Tu m’écœures ! Aboya-telle. Tu es toujours jaloux sans raison ! Viens, Akémi. Ne perdons pas notre temps avec ce fou.

_ Qui donc traites-tu de fou ? Qu'est-ce que ça veut dire de parler à son mari sur ce ton ?

Okô se dégagea.

_ Et qu'est-ce qui m'en empêche ? Dit-elle avec aigreur. Si tu es un mari, pourquoi ne te conduis-tu pas en mari ? Qui donc te nourrit, espèce de propre à rien, de fainéant ?

_ Euh...

_ Tu n'as presque rien gagné depuis que nous avons quitté la province d'mi. Tu t'es contenté de vivre à mes crochets, de boire ton saké et de traîner. De quoi te plains-tu ?

_ Je t'ai dit que j'irais travailler ! Je t'ai dit que je transporterais même des pierres pour le mur du château. Mais ça n'était pas assez bon pour toi. Tu dis que tu ne peux pas manger ci, que tu ne peux pas porter ça ; tu ne peux pas vivre dans une petite maison...la liste des choses que tu ne peux pas supporter est sans fin. Aussi, au lieu de me laisser faire un travail honnête, tu ouvres cette maison de thé. Et bien, il faut que ça cesse, tu m'entends ? Il faut que ça cesse ! Criait-il.

Il se mit à trembler.

_ Cesser quoi ?

_ Cesser de tenir cet endroit.

_ Et si je cessais, que mangerions-nous demain ?

_ Je peux gagner assez pour nous faire vivre, même en transportant des pierres. Je pourrais me charger de nous trois.

_ Si tu désires à ce point charrier des pierres ou scier du bois, pourquoi ne t'en vas-tu pas pas, tout simplement ? Va, sois ouvrier, n'importe quoi, mais dans ce cas tu peux vivre seul ! L'ennui avec toi, c'est que tu es né rustre, et sera toujours un rustre. Crois-moi, je ne te supplie pas de rester.

Crois bien que tu es libre de partir au moment qui te conviendra !

Tandis que Matahachi refoulait ses larmes de rage, Okô et Akemi lui tournèrent le dos. Pourtant, même une fois qu'elles eurent disparu, il restait là, debout, les yeux fixés sur le seuil.

Quand Okô l'avait caché dans sa maison proche du mont Ibuki, il s'était cru chanceux d'avoir trouvé quelqu'un qui l'aimerait et prendrait soin de lui.

Mais maintenant, il se trouvait qu'il aurait pu se faire capturer tout aussi bien par l'ennemi. Lequel valait mieux, en fin de compte ? Etre un prisonnier, ou devenir l'animal familier d'une veuve inconstante, et cesser d'être un homme véritable ?

Était-il pire de languir en prison que de souffrir ici dans l'obscurité, constamment en butte au mépris d'une mégère ?

Malgré ses grands espoirs d'avenir, il avait laissé cette catin adultère, avec sa face poudrée et son sexe lascif, le rabaisser à son propre niveau.

_ “ La garce ! ” Matahachi tremblait de colère. “ La sale garce ! ”

Des larmes lui montaient du fond du cœur. Pourquoi, oh, pourquoi n'était-il pas resté près d'Otsû ? Elle s'était montrée si bonne et cela malgré ses peines et mon caractère. Solidité, amour et soutien dans une même femme.

“ Quel imbécile je suis ! Quel fou !” Matahachi se frappait la tête avec ses poings.

Les pas et les voix s'éloignaient en direction du Yomogi. Matahachi, les yeux encore injectés de fureur, épiait par la fenêtre le joyeux quatuor. Il trouvait cette vision si humiliante qu'il se laissa retomber sur le tatami de la chambre obscure en se maudissant.

“ Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'as dons plus de fierté ? Comment peux-tu laisser les choses continuer comme ça ? Espèce d'idiot ! Fais donc quelque chose ! ” ce discours s'adressait à lui-même, sa colère envers Okô se trouvant éclipsée par son indignation devant sa propre couardise et sa propre faiblesse.

Elle a dit : va-t'en. Et bien, va-t'en ! raisonnait-il. A quoi bon trainer ici à grincer des dents ? Tu es encore jeune. Va-t'en, et débrouille-toi seul.”

Il avait le sentiment qu'il ne pouvait rester une minute de plus dans cette maison vide et silencieuse ; pourtant, il ne savait pas pourquoi, il était incapable de s'en aller. Sa tête confuse lui faisait mal.

Il constatait qu'à mener cette vie depuis quelques années, il avait perdu la faculté de penser clairement. Comment avait-il supporté cela ?

Sa femme passait ses soirées à bavarder et à faire la belle devant d'autres hommes, à leur vendre les charmes qu'elle lui avait prodigués autrefois. La nuit, il ne pouvait dormir, et dans la journée, il était trop abattu pour sortir.

A part broyer du noir ici, dans cette chambre, il n'y avait rien d'autre à faire que de boire.

Et tout cela, se dit-il, pour cette putain vieillissante !

Il se dégoûtait. Il savait que l'unique moyen de sortir de cet enfer était d'envoyer promener cette sale histoire avec cette femme qui l'obsédait, et d'en revenir à ses nouvelles aspirations. Il devait dégager le sentier lui permettant de laisser le passé derrière lui, de tous les encombrements qu'une femme loin d'avoir les qualités d'Otsû, lui imposait.

Et pourtant...et pourtant...

Un mystérieux attrait le liait comme un chien à son maître. Quel mauvais sortilège le retenait ici ?

Cette femme était-elle un démon déguisé ? Elle le maudissait, lui disait de partir, jurait qu'il ne lui apportait que des ennuis ; puis, au cœur de la nuit, elle devenait tout miel en déclarant des mots d'amour, qu'en réalité elle n'en pensait pas un mot. Et bien qu'elle frisât la quarantaine, il y avait ses lèvres... ces lèvres purpurines, aussi attirantes que celles de sa fille.

Mais ce n'était pas là toute la vérité. En dernière analyse, Matahachi n'avait pas le courage, devant Okô et Akemi de travailler toute la journée. Il était devenu paresseux et mou ; le jeune homme habillé de soie et capable de distinguer le goût du saké de Nada et le saké local était loin du simple et rude Matahachi de Sékigara. Par les années, il était encore jeune mais il était dissolu, méchant, paresseux et rancunier.

“ Pourtant, je le ferai ! Se jura-t-il. Je partirai dès maintenant.” Il se donna sur la tête un dernier coup coléreux, se leva d'un bond et cria :

_ Je partirai d'ici aujourd'hui même !

En écoutant sa propre voix, il lui vint soudain à l'esprit qu'il n'y avait là personne pour le retenir, rien qui l'attachât véritablement à cette maison. La seule chose qu'il possédât en réalité, et ne pu laisser derrière lui c'était son sabre. Qu'il se hâta de glisser dans son obi.

Se mordant les lèvres, il se dit avec détermination: “ Après tout, je suis un homme.”

Il aurait pu sortir au pas de charge par la grande porte en brandissant son sabre comme un général victorieux, mais par la force de l'habitude, il sauta dans ses sandales sales, et emprunta la porte de la cuisine.

Jusque là, tout allait bien. Il était dehors ! Mais ensuite ?... Ses pieds s’immobilisèrent ? Il se tint là sans bouger, dans la brise rafraîchissante du jeune printemps. Ce n'était pas la lumière éblouissante qui l'empêchait d'avancer. Une question se posait : où aller ?

En cet instant, il semblait à Matahachi que le monde était une vaste mer agitée, sans rien où s'accrocher. Outre Kyoto, il n'avait connu que sa vie au village et une seule bataille. Tandis qu'il s'étonnait de sa situation, une idée soudaine lui fit repasser précipitamment la porte de la cuisine.

“J”ai besoin d'argent, se disait-il. Je ne peux me passer d'argent.”

Il alla droit à la chambre d'Okô, il ne trouva pas un sou.

Déçu, Matahachi se laissa tomber sur les vêtements restés par terre. Le parfum d'Okô s'exhalait comme une épaisse brume de son sous-vêtement de soie rouge, de son Obi et de son kimono teint. Il revit en pensée sa peau blanche et son visage d'une coquetterie provocante.

Sale catin ! Cria-t-il.

Des pensées amères, meurtrières, montèrent des profondeurs de son être.

Puis de manière inattendue, il se souvint douloureusement d'Otsû. A mesure que les jours et les mois de leur séparation s'additionnaient, il avait enfin compris la pureté, la dévotion de cette jeune femme qui aurait pu le suivre dans tous ses accomplissements.

Il se fût volontiers prosterné devant elle, il eut volontiers levé des mains suppliantes, s'il avait cru qu'elle lui pardonnerait jamais. Mais il avait rejeté Otsû, il l'avait humiliée de telle sorte qu'il serait impossible de la regarder de nouveau en face.

“ Tout cela, à cause de cette femme ”, se disait-il avec tristesse.

Maintenant qu'il était trop tard, tout s'éclairait. Qu'est-ce que Otsû doit penser de moi ? ” gémissait Matahachi. Une fois de plus, il vit les montagnes et la rivière du Mimasaka. Il avait envie d'appeler sa mère, sa famille. Il lui semblait maintenant que même la terre y était réconfortante.

“Je ne pourrai jamais retourner chez moi ! Songea-t-il. J'ai envoyé tout ça pour...pour...” Sa fureur renaissant, il arracha des tiroirs les vêtements d'Okô et les lacéra, toute la maison en fut jonchée.

Peu à peu, il prit conscience que l'on appelait à la grande porte...

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