Suis-je hystérique parce que je fais des crises d’angoisse ?

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Précision: il n'y a ici aucune volonté d'attaquer tous les hommes. Seulement ceux qui s'abaissent  à croire que leur femme, angoissée ou non, est parfois "hystérique" au sens de "folle à liée". 

Jadis, la femme était par nature "hystérique" pour les freudiens*.

Jadis ? Alors pourquoi nous-mêmes, femmes du XXIème siècle, nous posons-nous encore autant la question : suis-je hystérique ?

On constate avec étonnement que les plus fervents démolisseurs des théories freudiennes aujourd'hui gardent tout de même un petit penchant pour cette théorie-là, celle de l'hystérie féminine. Il faut dire que ce trouble mental les arrange bien parfois, quand leur femme est en colère...

L'hystérie de Freud, on peut en rire mais...

En réalité quelle femme n'a jamais été taxée d'hystérique par son conjoint lors d'une discussion un peu vive... ?

Hélas, bien trop peu.

Il faut comprendre que c'est quand même pratique, quand on veut être le plus fort, d'avoir des termes psychiatriques massues à balancer avec aplomb pour saborder la parole en face.
Un conjoint mâle minable pense souvent :  "Peu importe ce qu'elle dit, de toute façon, puisqu'elle est folle inutile d'essayer de comprendre... "Je suis encore victime de sa folie" bref, "c'est une femme de toute façon, c'est donc une folle".

J'ai entendu cette insulte des dizaines de fois de la part de mon ex-mari. Merci Freud...
Il adorait me provoquer en étant injuste ou méprisant et dès que je voulais lui répondre, j'y avais droit :

En finir avec les angoisses 

SANS psy, SANS médocs 

Ma pauvre, tu es dépressive et hystérique, non mais regarde-toi.

Charmant non ?
Qu'est ce que vous voulez répondre à ça ? Et surtout comment voulez-vous répondre calmement à ça... Si vous êtes une femme vive, dynamique et amoureuse, pas facile. Un cœur blessé le fait savoir, il se lâche. (voir article: comment ne pas avoir d'angoisse post-insulte).

Grâce au cheminement de la coalescence, j'en suis remise et ces souvenirs me feraient presque rire mais à l'époque, quelle souffrance ! Quelle traîtrise, quelle injustice, quelle violence !

Je profite de cet article donc pour dénoncer la facilité qu'ont certains salauds à utiliser ce terme régulièrement envers leur femme, spécialement contre celles qui se trouvent être bien souvent, plus patientes et calmes qu'eux dans la vie quotidienne.

Eux sont fous, oui, pour une bonne partie, la preuve : ils aiment humilier et rabaisser sans scrupules celles qui ont des sentiments amoureux pour eux.

Sachez que s'il vous traite d'hystérique, c'est qu'il essaie de se défiler la tête haute, faute de pouvoir répliquer d'une façon constructive, et de coller sa folie et son "hystérie" dominatrice sur vous.

En général, les hommes insultants sont des hommes très vite déstabilisés par les femmes, que certains imaginent être toutes comme des mantes religieuses qui voudront, au final, leur "prendre la tête" et le reste.

Les expressions "tu me prends la tête", "ne me prends pas la tête" sont d'ailleurs fort expressives.

Ces hommes-là deviennent vite agressifs lors des discussions. Toute parole venant de leur femme doit être acquiesçante, légère, sans portée intelligente ou le moins possible et valorisante pour l'homme.

Le problème n'est pas dans ce désir mais dans l'envie que ce désir soit concrétisé, même quand leurs propos sont fortement incohérents voire malveillants. Le fameux "t'es qu'une hystérique" viendra clore votre bouche. Du moins, le pensent-ils... En tout cas, la cible est atteinte.

Comble de la perversité (terme que beaucoup d'hommes amoindrissent dans sa capacité à détruire) une fois que vous êtes énervée, votre charmant amour redevient doux, calme et posé... Ainsi vous donnez l'impression d'être dans cet état pour rien puisqu'il niera ses propos provocateurs.
Et si carrément, il vous plante là sur ce dernier "compliment" plein de tendresse, vous voilà seule avec tout ce que vous avez sur le coeur à ce moment-là, en miettes. Triple effet kiss cool.

Bienvenue chez les hypocrites, joueurs de "il était une fois, je mets ma femme en colère pour pouvoir jouer les victimes"...

D'autres encore croient que, puisque ce mot "hystérie" vient du mot utérus et que seule la femme en a un, seule une femme peut être hystérique. Dieu soit loué les hommes n'en ont pas ! C'est pour ça qu'ils n'éprouvent sans doute ni extase, ni délire, ni agitation, ni frénésie, ni fureur... qui sont les synonymes du terme "hystérie".

Attention, sans utérus, ils n'auraient pas non plus de pithiase.

Pithiase, subst. fém.,rare

Ensemble des troubles fonctionnels qui apparaissent sans cause organique soit par suggestion soit sous l'influence d'un traumatisme affectif et qui sont guérissables par la persuasion.

J'ai vu s'écrouler successivement (...) l'hystérie, dont il a été démontré qu'elle était une fabrication des cliniciens, un effet de la persuasion, ou du pithiatisme, ou, comme on dit en 1924, de la pithiase (L. Daudet, Homme et poison,1925, p.129).

Ouf ! Merci Léon. D

Vous avez l'impression parfois d'être hystérique à cause de vos angoisses ?

Mais l'hystérie qu'est ce que c'est dans le dico ?

Névrose aux tableaux cliniques variés, où le conflit psychique s'exprime par des manifestations fonctionnelles (anesthésies, paralysies, cécité, contractures...) sans lésion organique, des crises émotionnelles avec théâtralisme, des phobies. Hystérie d'angoisse, de conversion, de défense, de rétention; hystérie traumatique..

 "Suis-je hystérique ?"

Ce n'est pas exactement la question que nous devrions nous poser.

Parce que se demander ce qu'on est, sans se demander ce qu'on fait n'amène qu'à se regarder soi-même sans avoir de solution.

Mais admettons. Posons des questions qui vont permettre de répondre. De manière catégorique.

Non pas pour être dans une posture militante, mais pour définir les choses.

En fait, on ne doit pas

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répondre à cette question à la va-vite, même si elle semble offensante, parce qu'on n'a pas réuni les éléments de réponse.

Essayons de le faire.

Et en le faisant, nous allons voir si c'est un état passager, conditionnel, dû à une irritabilité, des circonstances, ou si cela est plus ancré que nous le pensions.

On peut aussi croire qu'il y a une sorte d'hystérie alors qu'en réalité, il s'agit de tout autre chose.

Que puis-je dire de moi-même ?

"Je suis angoissé(e) et parfois, j'ai en moi tant de tristesse, de dégoût, de peur... Suis-je folle ?"

On me confie en entretien:

Mon conjoint, mon entourage me regarde sans comprendre. J'ai l'impression qu'ils sont des étrangers...
C'est effrayant car, si ceux qui m'aiment ne me comprennent pas et me jugent bizarre, malade, déprimante, ils vont finir par me fuir. Je me sens déjà si souvent seule, même entourée des miens, c'est insupportable. Me retrouver physiquement seule est mon pire cauchemar. (voir article sur la solitude)

Nous avons là un cas caractéristique : le sentiment d'etre étranger, de ne plus reconnaître l'autre. De ne plus être reconnue. C'est un cas typique dont nous nous occupons dans l'accompagnement mais on peut déjà donner un indice:

Vous reconnaissez-vous par rapport à vos 20 ans ? Et par rapport à vos 10 ans ?

Si vous vous sentez l'opposé de ces personnages, si vous pensez avoir tué leurs rêves ou ignoré leurs frustrations, désirs, alors, peut-être que vous avez un souci profond qu'il s'agira de prendre à bras le corps.

Mais cette patiente poursuit:

Ou bien alors soit ! Qu'ils me quittent. Mais alors, que ce soit complètement. Je voudrais qu'ils disparaissent totalement et même, qu'ils n'aient jamais existé. Là, oui, je pourrai me reposer, souffler. Enfin, je pourrai me retrouver sans culpabiliser. Je n'aurai aucun souvenir douloureux. Je ne serai plus déçue. L'amertume n'alimentera plus mes doutes, ils disparaîtront complètement. "

On a là un indice net qu'une limite a été franchie. Dans ce cas, posons une autre question : la disparition de ces personnes aurait-elle dû se faire dès le début ? Qu'est-ce qui a changé en elles ? Est-ce nouveau chez moi ?

Vous retrouvez-vous dans ce questionnement, dans ce raisonnement ?
La lucidité n'est pas une preuve de folie. C'est même l'inverse. Etes-vous lucide ?

Observez votre lucidité ailleurs, dans d'autres circonstances. En vacances avec d'autres personnes. Si, à ce moment-là, vous êtes "normale", alors votre lucidité n'est pas en cause. L'angoisse peut rendre fou/folle si elle atteint un degré maximal.

Attention à ne pas aggraver la situation

Si vous répondez "je suis lucide et je ne suis pas hystérique par nature" aux questions ci-dessus, tant mieux ! Mais attention : les choses pourraient s'aggraver.

Vous devez donc impérativement résoudre des difficultés conjoncturelles, puisque vous en êtes arrivée à lire cet article.

"J'ai l'impression de devenir fou/folle" me dit-on souvent.femme-hysterique-dans-bras-son-compagnon.jpeg

Si cette impression est régulière, il s'agit d'être vigilant.

Occupons-nous de ce problème, il est temps que cette question ait une réponse définitive. Se demander avec tant de peur, si l'on est "sain d'esprit et de corps," pour reprendre la formule utilisée par les notaires, signifie que vous ne pouvez plus vivre comme vous le faites aujourd'hui.

On ne peut être heureux(se) en se demandant si l'on est hystérique...

Pourquoi ? Se croire parfois hystérique est grave. L'estime de soi est réduite à néant.

Mais enfin, il y a déjà tant de raisons de douter de soi régulièrement même lorsqu'on est une personne qui n'éprouve pas d'angoisse. Ajouter la culpabilité d'être seul(e), pour cause de folie inopinée, et cela devient invivable. Assumer sa part de responsabilité est bien suffisant. Continuer de se croire (de temps en temps, le temps des crises d'angoisse) fou ou folle à tort ne fait qu'aggraver vos inquiétudes.

Si vous avez répondu convenablement aux quelques interrogations de cet article, alors on peut dire avec une quasi-certitude que ce n'est pas la folie qui vous a mené sur cette page, c'est le ras-le-bol, l'épuisement, le trop plein.

Il faut s'en occuper.

http://fillehorizontale.canalblog.com/archives/2013/03/07/26588382.html

*Les freudiens sont les adeptes des travaux et conclusions de Sigmund Freud, le célèbre psychiatre autrichien, fondateur de la psychanalyse - voir article psychanalyse.

 

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  • Isabelle dit :

    C’est incroyable qu’en 2018, on associe toujours hystérie à « femme foldingue » ! Une manière de brider l’expression des femmes…

  • Noëlle dit :

    Oui, moi aussi je me suis souvent fait traitée d’hystérique… C’est si pratique, ça permet d’éviter toute discussion. J’aurais voulu qu’on m’écoute.

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